Diabétologie

   

Diabète et séropositivité

Si la prise en charge du diabète chez des patients séropositifs suit les recommandations générales, et n'a d'ailleurs jamais fait l'objet d'un consensus spécifique de l'ADA (American Diabetes Association), la coexistence de ces deux pathologies mérite une attention particulière : sous-estimation de l'Hba1c en cas d'infection par le VIH, interactions médicamenteuses. Les avancées historiques du traitement du VIH ont considérablement modifié la prise en charge du diabète : faible au début de l'épidémie mondiale, puis aux modifications de thérapeutiques antirétrovirales devant les effets secondaires, et actuellement avec l'allongement considérable de l'espérance de vie, certains patients deviennent confrontés à l'importance de traiter les deux maladies conjointement et leurs complications, sans en négliger une.
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La génétique du diabète de type 2 aujourd'hui : vers la médecine de précision

La génétique du diabète de type 2 a eu du mal à s'intégrer à part entière au paysage de la diabétologie et de la génétique françaises. En effet, le terme typiquement français « diabète gras » qui sous-entendait une part prépondérante de l'environnement et une responsabilité morale du patient (du fait de sa malbouffe et sa sédentarité) dans l'avènement de la maladie est resté imprégné dans la pensée commune, même parmi les médecins généticiens cliniques. Pourtant, une méta-analyse récente, basée sur l'étude de plus de 30 000 jumeaux monozygotes et dizygotes, a confirmé que l'héritabilité du diabète de type 2 était très élevée (avec une estimation à 72 % ; équivalent à l'héritabilité de la taille !).
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Le point sur la Rétinopathie Diabétique

La rétinopathie diabétique (RD) est la première cause de baisse de vision chez le patient actif. Son dépistage et son traitement constituent donc des enjeux de santé publique. Ce, d'autant que les traitements actuels permettent de stabiliser voire améliorer le pronostic fonctionnel. L'objectif de cet article est donc de faire le point sur les nouveautés en matière de dépistage, d'exploration et traitement de cette atteinte pourvoyeuse de cécité.
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Le risque cardiovasculaire résiduel dans le diabète de type 1 - Un enjeu de taille pour la recherche en France

L'incidence du diabète de type 1 dans le monde est en croissance importante. Cette forme de diabète, qui représente environ 10 % des cas de diabètes diagnostiqués dans le monde, connait un accroissement de son incidence de 3 à 4 % chaque année, et ce, sans discontinuer depuis les années 1980. Les raisons de cet accroissement continu ne sont d'ailleurs pas encore complètement identifiées à ce jour. Si l'on ajoute à ce phénomène d'augmentation de l'incidence le fait que les cas de diabète de type 1 sont diagnostiqués de plus en plus précocement, on constate qu'un nombre croissant de personnes vivent, et sur une plus grande durée, avec cette maladie. Cela peut s'expliquer en partie par des modifications dans certains facteurs environnementaux comme l'exposition à certaines toxines, des facteurs génétiques et/ou épigénétiques, des infections virales, l'accroissement de l'âge maternel. Ces multiples évolutions dans l'épidémiologie du diabète de type 1 ne sont pas anodines et vont avoir notamment des répercussions sur la santé à long terme des personnes vivant avec la maladie, et en particulier sur leur risque de contracter une maladie cardiovasculaire.
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Autosurveillance glycémique chez les patients diabétiques : une révolution en marche

Le traitement optimisé du diabète insulinotraité et l'atteinte des objectifs de contrôle de la maladie ne sauraient se concevoir sans une autosurveillance glycémique qui devrait être intensive. Chacun sait que la glycémie n'est pas une constante, et que la découverte des mouvements glycémiques au cours de la journée sont essentiels pour régler, auto-régler les paramètres du traitement et notamment les doses d'insuline de base et prandiale. Sont essentiels bien sûr la glycémie du matin au réveil, mais aussi avant le dîner, bien sûr celles avant les repas, mais aussi 2 heures après (couple, qui associé au comptage des glucides, permet de mieux adapter les doses d'insuline prandiale), bien sûr celles de jour, mais aussi de nuit... (dépistage des hypos de nuit parfois non senties, dosage de l'insuline de base...). Bien sûr ! Mais dans la vraie vie, c'est difficile d'en faire autant, cela fait mal au bout des doigts, on ne peut pas toujours le faire devant les autres... et puis... à vie, le travail... on n'y pense plus, on ne note pas...
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Chirurgie métabolique chez le patient diabétique

Le concept de chirurgie métabolique est dérivé du concept de chirurgie bariatrique destinée à l'origine à traiter les obésités sévères, c'est-à-dire avec un index de masse corporelle (IMC) supérieur à 40 kg/m² ou supérieur à 35 kg/m² avec des comorbidités significatives (Tableau 1). Or il est apparu que cette chirurgie était extrêmement efficace pour corriger le diabète, et ceci très précocement, avant toute perte de poids. De cette constatation est né l'hypothèse d'un effet propre de la chirurgie bariatrique sur l'équilibre glycémique, indépendamment de la perte de poids, d'où le concept de chirurgie métabolique.
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Diabète gestationnel : dépistage et diagnostic

Selon l'OMS, le diabète gestationnel (DG) est un trouble de la tolérance glucidique débutant ou diagnostiqué pour la première fois au cours de la grossesse, conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable. Cette définition ne tient pas compte des modalités thérapeutiques ni de l'évolution en post-partum. Deux éventualités sont alors possibles. Il peut s'agir d'un authentique diabète, de type 2 (DT2) le plus souvent, méconnu jusque-là (2 à 15%) qui persistera après la grossesse. Le plus fréquemment, il s'agit d'une anomalie de la tolérance glucidique apparaissant généralement en deuxième partie de grossesse, favorisé par l'insulino-résistance et qui disparaitra, au moins transitoirement, après l'accouchement.
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Education thérapeutique en diabétologie - Décision médicale partagée

Le concept de prise de décision médicale partagée (DMP), s'il commence à être bien connu dans certains pays anglo-saxons (shared decision making), au premier rang desquels Etats-Unis d'Amérique, Canada et Grande-Bretagne, n'en est encore qu'à ses balbutiements en France, en dépit d'un état des lieux rédigé sous l'égide de la HAS en octobre 20133 et de quelques articles de revue francophones sur le sujet.
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Les inhibiteurs de sodium-glucose de type 2 (SGLT2) - Etude Empa REG (1)

Le diabète est associé à une morbi-mortalité accrue, en particulier cardiovasculaire (CV). Les études d'intervention récentes n'ont, jusqu'à présent, jamais permis de faire la preuve d'un bénéfice cardiovasculaire de la prise en charge du diabète. Certaines études suggèrent même qu'un équilibre glycémique intensif pourrait être délétère sur le plan cardio-vasculaire. Notamment l'étude ACCORD (2) en 2008, dont l'objectif était de comparer une prise en charge intensive (objectifs d'HbA1c < 6.5%) par rapport à un suivi standard, a dû être arrêtée prématurément au bout de 3 ans de suivi pour une surmortalité survenue dans le groupe traitement intensif. Par ailleurs, les glitazones, classe thérapeutique très attendue car ciblant la lipotoxicité associée à l'insulinorésistance, sont associées à un risque accru d'insuffisance cardiaque (3). Cette classe médicamenteuse n'est plus disponible en France depuis 2010.
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Les innovations technologiques pour la prise en charge du diabète de type 1 : améliorations à la marge, ou révolution ?

Le diabète de type 1 touche environ 200 000 personnes en France, principalement dans la 2° ou 3° décade de leur vie. C'est une maladie auto-immune en expansion, caractérisée par une destruction des cellules béta de Langherans, et une défaillance complète des capacités sécrétoires d'insuline par le pancréas.
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Pied diabétique : « foot attack » et « coup de gueule »

Mais quelle est donc la représentation des pieds dans l'imaginaire collectif, et celle des pieds diabétiques dans l'imaginaire médical, pour que nous en soyons toujours là ? Là, c'est-à-dire avec un nombre d'amputations par an inacceptable (8000) et qui ne diminue pas avec le temps; avec une inégalité fantastique de prise en charge et de résultats entre les territoires de notre pays, alors que nous sommes à l'âge d'or des « procédures » standardisées; avec une inégalité socio-économique insupportable face au risque d'amputation (risque augmenté de 30% si le patient habite une ville « pauvre » plutôt qu'une ville « riche »...)
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Préface du dossier diabétologie

Comme pour de nombreux autres domaines de la médecine, les connaissances, l'épidémiologie, les modes de prise en charge et les perspectives dans le champ de la diabétologie ont considérablement changé et font de cette discipline, l'une des plus dynamiques depuis quelques années et certainement pour les années à venir.
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