Remédiation et Réhabilitation : l’approche fonctionnelle au-delà des symptômes.
Publié le 23 juin 2026· Mis à jour le 26 juin 2026
La psychiatrie entraîne des symptômes invalidants et des répercussions fonctionnelles sur l’autonomie et l’insertion sociale, en lien avec les troubles cognitifs [1][2]. Si la pharmacologie est indispensable, elle résout peu des symptômes comme dans la schizophrénie, la désorganisation clinique ou le déficit. Les thérapies psychosociales et en particulier la remédiation cognitive (RC) améliorent ces difficultés, si elles sont inscrites dans un parcours de réhabilitation psychosocial.
La RC est basée sur la neuropsychologie, et sur les thérapies comportementales et cognitives. Elle réduit le déficit cognitif et fournit des stratégies pour y palier améliorant autonomie, insertion et qualité de vie [3].
Trois principes gouvernent la RC: 1. nombre massif d’exercices visant les altérations cognitives ; 2. Exercices de complexité graduelle ; 3. stratégies pour résoudre les problèmes complexes [4]. Ces programmes durent 3-6 mois, à 1 à 2 séances/semaine incluant des tâches à domicile. L’efficacité est dans le transfert des acquis au quotidien améliorant l’autonomie. Une évaluation multidisciplinaire, médicale, neuropsychologique et fonctionnelle est un préalable. Le médecin vérifiera stabilité des symptômes et ajustement thérapeutique, l’engagement du patient, le projet de réalisation de soi. La neuropsychologue établit forces et compétences pour attention, vitesse de traitement, mémoire, fonctions exécutives, instrumentales et en cognition sociale …L’infirmière ou ergothérapeute évalue le retentissement fonctionnel. Décision collégiale avec le patient s’ensuit pour le type de programme, 1ère étape vers l’empowerment (retrouver le pouvoir d’agir) et le rétablissement. Ces évaluations sont répétées post programme attestant des améliorations cognitives et fonctionnelles.
Des méthodes validées en français, en individuel ou en groupe, par ordinateur ou papier crayon, neurocognitif ou de cognition sociale existent. L’efficacité est amplifiée si cela s’inscrit dans un parcours de réhabilitation psychosocial : travail en milieu ordinaire ou protégé, études… [5]
La RC apporte améliore incontestablement mais modestement la cognition, sauf si potentialisation par soutien à l’emploi et parcours de réhabilitation psychosocial [4]. Par ailleurs elle stimule la neuroplasticité, réactivant des zones cérébrales inactivées [6]. La RC optimise l’accès et le maintien au travail, réduit les coûts de santé dans le premier épisode [7] et doit être proposée avant l’apparition de la psychose [8], dans l’autisme [9], la bipolarité [10], toute pathologie psychique avec altérations cognitives.
Mais tout patient n’est pas prêt à la RC : la non stabilité ou le déni des troubles la rend impossible. Là, un parcours intégratif et coordonné est envisagé [11] : éducation thérapeutique pour connaitre sa maladie et les traitements administrés, entretiens motivationnels pour susciter une demande, gestion du stress dans des parcours de thérapie comportementale et cognitive, souvent avant tout traitement chez des personnes à haut risque de psychose [12], aide aux aidants pour soutenir le patient, activité physique, yoga pour l’abord corporel. Ces thérapies psychosociales jalonnent la co-construction du projet d’insertion du patient [11].
En conclusion, les Thérapies psychosociales révolutionnent la psychiatrie actuellement, réduisent les rechutes, transforment le handicap et insèrent enfin nos patients dans la communauté.
