Présentation du dossier
Publié le 17 septembre 2026
Devenir pneumologue, pour que chacun puisse bien respirer, dans un monde où chaque inspiration est une agression
15 000 litres d’air pénètrent quotidiennement dans vos poumons. Et l’environnement devient de plus en plus néfaste. Du réchauffement climatique à la pollution du quotidien, on constate une prévalence croissante des maladies respiratoires bronchiques et pulmonaires d’année en année (cf article de Lucile Sésé). Et le souffle des jeunes qui naissent dans cet environnement ne cesse de diminuer d’année en année.
Et le souffle, c’est la vie. Ce n’est pas juste une phrase, on sait que le contrôle de la respiration agit sur de nombreux paramètres physiologiques, y compris cérébraux. Celui qui a connu le manque de souffle le sait : c’est dur physiquement, mais c’est aussi un traumatisme psychologique majeur. Car contrairement au cœur, dont le pacemaker est intégré à l’organe, les poumons sont le seul organe doté d’un pacemaker extrinsèque logé… dans le cerveau. Et l’interaction de ce pacemaker et du rétrocontrôle cérébral de la respiration avec la conscience et les émotions, fait de la prise en charge pneumologique une spécialité singulière.
Etre pneumologue, vous l’avez compris, c’est être psychologue, physiologiste, immunologiste, infectiologue…
C’est aussi avoir le choix d’être ultraspécialisé, car le poumon est un organe complexe qui mêle structures bronchiques, parenchymateuses et vasculaires ; il en naît une kyrielle de surspécialités : hypertension pulmonaire (cf article d’Athénaïs Boucly), endoscopiste d’excellence, immunologiste, somnologue, onco-pneumologue, s’occuper comme à Foch des greffés pulmonaires ou des déficits immunitaires… à vous d’imaginer la suite !
C’est aussi la possibilité d’exercer en ville, à l’hôpital ou de faire bouger les lignes en étant Hospitalo-U (cf article de Marc Humbert)
Et grâce à des travaux comme ceux de l’équipe de Marc Humbert, les révolutions thérapeutiques abondent et s’accélèrent dans notre spécialité. Il faut dire qu’avec 10 millions de personnes porteuses d’une maladie respiratoire en France, dont
4,5 millions d’asthmatiques et 3,5 millions de BPCO, on n’est pas près d’être à la retraite, et cela représente un marché en expansion pour de nouvelles thérapeutiques, ainsi qu’un investissement pour la recherche industrielle !
Et ces avancées thérapeutiques dans les pathologies respiratoires bronchiques permettent de faire apparaître aujourd’hui de nouvelles terminologies, comme « rémission » dans l’asthme ou « contrôle » dans la BPCO comme vous le verrez dans l’article de Bruno Degano. Ou tout simplement révolutionner une maladie respiratoire comme la mucoviscidose (cf article de Pierre-Régis Burgel).
