Interview de Patrick Yeni, Président du Conseil National du Sida

Résumé
Vous êtes Ancine Interne des Hôpitaux de Paris (1972) et depuis de nombreuses années, PU-PH,chef du pôle maladies infectieuses des hôpitaux universitaires Paris-Nord Val de Seine, mais aussi président du Conseil National du Sida (CNS) où vous succédez àWilly Rozenbaum (AIHP 1973). En tant que président de cet organisme se définissant comme un observateur indépendant et engagé, quelle est la situation de l'épidémie du Sida aujourd'hui en France ? L'épidémie de l'infection VIH n'est pas aujourd'hui contrôlée que ce soit en métropole ou plus encore dans certains territoires d'outre mer et notamment en Guyane. En effet, le nombre de nouvelles infections n'a pas diminué depuis plusieurs années (entre 7000 et 8000) et ceci traduit un échec relatif des stratégies classiques de prévention de la transmission par voie sexuelle.
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Qu'en est-il des traitements actuels et de leurs limites ?
Les traitements antirétroviraux ont considérablement progressé depuis qu'on dispose des trithérapies en 1996. Ils sont aujourd'hui très actifs, la plupart des patients traités ayant une charge virale indétectable, ce qui traduit le blocage de la réplication du virus. Ils sont bien tolérés et on observe beaucoup moins les complications liées aux premières trithérapies disponibles même s'ils ne sont pas encore dénués d'effets secondaires. Enfin, leur prise s'est beaucoup simplifiée puisque, dans de nombreux cas, ils peuvent être administrés sous la forme d'un comprimé une fois par jour. Il reste que le traitement antirétroviral ne pourra jamais éradiquer le code génétique du virus incorporé dans les cellules infectées, donc guérir l'infection. Il doit donc être pris pendant toute la vie et son interruption entraîne une reprise de la réplication du virus et une baisse des lymphocytes CD4.
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