La leucémie lymphoïde chronique (LLC)

La Leucémie Lymphoïde Chronique (LLC), définie selon la classification WHO 2008, correspond à une élévation du taux lymphocytes (d'allure mature au frottis sanguin) monoclonaux (monotypie κ ou λ) supérieure ou égale à 5 G/L. Le phénotype typique des cellules est CD5+ CD23+ FMC7- CD22/79b faible et sIg faible. Ces 5 critères correspondent au score de Matutes: 5/5 signent une LLC, 4/5 aussi du moment que le CD5 est positif ; certaines formes 3/5 sont possibles mais doivent être explorées par caryotype/biopsie ganglionnaire (Moreau EJ, Matutes E. Am J Clin Pathol 1997). Les cellules tumorales s'accumulent dans le sang, la moelle osseuse, et dans les organes lymphoïdes secondaires (Rozman C et al. NEJM 1995). Cette pathologie touche préférentiellement les personnes âgées, dont l'âge médian des patients au diagnostic est > 70 ans.
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Les leucémies aiguës lymphoblastiques

Les leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL) sont des proliférations clonales des progéniteurs lymphoïdes B et T qui se présentent, comme les leucémies aiguës myéloblastiques, sous la forme d'une insuffisance médullaire (neutropénie, anémie, thrombopénie) et/ou d'un syndrome tumoral, parfois médiastinal. Il s'agit du premier cancer de l'enfant et de la deuxième forme de leucémie aiguë chez l'adulte. A ce jour, l'essentiel des progrès réalisés ont reposé sur l'amélioration de schéma complexes basés sur l'administration de chimiothérapies conventionnelles. Ces approches permettent de guérir plus de 90 % des enfants 1. Chez l'adulte, le principal progrès réalisé dans les 15 dernières années a consisté à intensifier la chimiothérapie en s'inspirant des approches pédiatriques et en réduisant ainsi le risque de rechute 2. Cette approche a trouvé toutefois ces limites chez les sujets les plus âgés pour lesquels ces traitements restent toxiques. De nouvelles approches de thérapies ciblée et maintenant d'immunothérapie offrent l'espoir de diminuer encore ce risque de rechute tout en dé-escaladant les doses de chimiothérapies. La meilleure illustration de cette approche est l'utilisation des inhibiteurs de tyrosine kinase dans les LAL à chromosome Philadelphie (Ph+) 3.
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Les lymphomes B diffus à grandes cellules (LDGCB)

En 1994 avec la classification de la REAL, puis en 2001 avec la première classification OMS, a été élaboré une nouvelle classification des hémopathies lymphoïdes, basée non pas uniquement sur l'aspect morphologique mais également selon des caractéristiques immunophénotypiques, cytogénétiques, et moléculaires. Pour quelques entités, certains aspects étiologiques et physiopathologiques y ont été associés. Cette classification a été révisée en 2008 et le sera à nouveau fin 2016 à la lumière des nouvelles avancées scientifiques. Les études morphologiques, biologiques incluant des données d'expression génique et de profils mutationnels, et cliniques ont ainsi permis de subdiviser les lymphomes diffus à grandes cellules B (LDGCB) en entités pathologiques distinctes.
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Traitement de l'aplasie médullaire idiopathique en 2016

L'aplasie médullaire idiopathique est une pathologie rare dont la prévalence est estimée à 2 cas pour 106 personnes. Cette pathologie survient avec deux pics d'incidence, l'un aux alentours de l'adolescence et le second après 60 ans [1]. Le diagnostic est évoqué devant une pancytopénie à moelle pauvre, confirmée par une biopsie ostéo-médullaire. Avant de conclure à un mécanisme idiopathique, c'est-à-dire auto-immun, il faut éliminer l'ensemble des causes constitutionnelles connues de ce syndrome et notamment la maladie de Fanconi ou les téloméropathies dont la dyskératose congénitale est la plus fréquente, et depuis peu GATA-2 pour les formes modérées.
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Traitement du myélome en 2016 : des progrès importants

Le traitement du myélome s'est nettement amélioré ces dernières années. Après l'autogreffe, première avancée majeure apparue dans les années 1980, les nouvelles molécules, plus ciblées, ont encore amélioré le pronostic (1). Dans les deux dernières années, ce sont 5 nouveaux traitements du myélome qui ont été approuvés par les autorités de santé. Ces deux approches combinées ont permis d'augmenter la médiane de survie de 2 ans il y a 10 ans à 5 ans actuellement (2).
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Actualité de la prise en charge du myélome multiples

Il y a 5 ans environ , la revue L'Internat de Paris m'a demandé de réaliser une synthèse sur la prise en charge du myélome multiple (voire Internat de Paris n°57). Cinq ans après qu'en est-il ? L'autogreffe est-elle toujours indétrônable dans la prise en charge du sujet jeune ? Existe-t-il des nouveautés médicamenteuses prometteuses ? Des protocoles seraient-ils devenus des classiques de prise en charge du sujet âgé ? Voici les détails.
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Actualité du lymphome de Hodgkin

Décrit pour la première fois en 1832, le lymphome de Hodgkin (LH) reste une entité bien distincte parmi les hémopathies lymphoïdes matures, caractérisée sur le plan histologique par la présence, au sein d'un infiltrat inflammatoire polymorphe, d'un petit nombre de cellules tumorales, les cellules de Reed-Sternberg ou cellules de Hodgkin. Sa cause reste inconnue. Il touche tous les âges, mais essentiellement les adultes jeunes, avec deux pics de fréquence en Europe, l'un autour de 30 ans et l'autre après 50 ans. Le taux d'incidence standardisée est de 2,2 pour 100 000 personnes-années, ce qui correspond en France à environ 1800 nouveaux cas par an. Le LH représente 0,20% de la mortalité par cancer en France (Source : Francim / Hospices civils de Lyon / INCa / Inserm / InVs 2011. Traitement : INCa 2011). La stratégie de traitement fondée sur les facteurs pronostiques initiaux, les essais thérapeutiques, source de progrès pour définir les nouveaux traitements de référence, ont permis d'atteindre un taux de guérison tous stades confondus de 80 %. Maintenir les taux de guérison en réduisant les conséquences du traitement, améliorer le pronostic des formes graves, évaluer de futurs traitements standards intégrant l'imagerie et les nouvelles modalités de radiothérapie, sont les enjeux d'une prise en charge pluridisciplinaire réalisée par ou en liaison avec un centre spécialisé.
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Avancées dans la prise en charge des syndromes myéloprolifératifs chroniques

Les syndromes myéloprolifératifs (SMP) hors leucémie myéloïde chronique (LMC) sont des hémopathies malignes clonales de la moelle osseuse dont la morbidité et la mortalité sont liées au risque vasculaire (complications artérielles et veineuses) et à plus long terme au risque d'évolution hématologique : transformation en leucémie aigue ou myélofibrose secondaire. Les SMP classiques comprennent la polyglobulie primitive ou maladie de Vaquez (PV), la thrombocytémie essentielle (TE) et la myélofibrose primitive (MFP).
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La leucémie myéloïde chronique

La LMC est une hémopathie maligne rare, classée parmi les néoplasies myéloprolifératives. Elle représente 15 % de l'ensemble des leucémies. Son incidence annuelle est estimée entre 0,6 et 2/100000 habitants. Elle peut survenir à tous les âges de la vie, cependant l'âge médian des patients lors du diagnostic est d'environ 65 ans. Le diagnostic est le plus souvent effectué en phase chronique (PC) de la maladie. Pendant cette phase, il existe une hyperplasie granuleuse majeure mais les différents stades de maturation granulocytaire ne sont pas perturbés et les cellules myéloïdes matures sont fonctionnelles. L'évolution est cependant fatale en quelques années en l'absence de traitement adapté, l'acutisation en leucémie aiguë myéloblastique ou lymphoblastique après une phase intermédiaire éventuelle d'accélération étant inéluctable.
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Les leucémies aigües : avancées pronostiques et thérapeutiques

Les principales avancées des dix dernières années dans le domaine des leucémies aigües portent à la fois sur une meilleure compréhension des mécanismes oncogéniques avec l'identification de gènes impliqués dans la leucémogénèse, la caractérisation biomarqueurs pronostiques, mais aussi sur les progrès thérapeutiques avec la combinaison chimiothérapie et thérapeutique ciblée, les anticorps monoclonaux et le développement des allogreffes avec des donneurs alternatifs ou à conditionnement atténué permettant d'élargir le pourcentage de patients pouvant bénéficier de cette procédure.
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Lymphomes indolents : lymphomes de la zone marginale et lymphomes folliculaires

Les caractéristiques communes des lymphomes indolents sont une présentation clinique initiale peu agressive, mais un risque élevé de rechutes. La présentation clinique et le pronostic des nombreuses entités de LNH indolents sont très variés, impliquant des stratégies thérapeutiques différentes.
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Lymphomes non Hodgkiniens agressifs

Parmi la quinzaine d'entités de LNH agressifs de l'adulte, seules les formes les plus fréquentes sont présentées. Les formes rares (lymphome T associé à une entéropathie, lymphomes T hépato-spléniques, lymphomes NK/T intestinaux, lymphome T sous-cutané de type panniculite), et les lymphomes associés à une infection par le VIH ou HTLV ne sont pas développés.NeggN
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Rôle de la molécule HLA-G dans la greffe d'organe et la réponse anti-tumorale

Les antigènes HLA de classe I classiques, HLA-A, -B et -C, comme les antigènes de classe II, jouent un rôle important dans l'induction d'une réponse immunitaire spécifique via la présentation antigénique aux cellules T. A l'opposé, la molécule HLA de Classe I non classique HLA-G est impliquée dans la tolérance immunitaire. Elle a été initialement décrite comme une protéine exprimée sélectivement lors de la grossesse sur le tissu trophoblastique où elle joue un rôle essentiel dans la tolérance foeto-maternelle. En revanche, au cours de situations pathologiques, la transcription du gène et l'expression de la protéine HLA-G peuvent être induites sur de nombreux types cellulaires.
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