Infectiologie

   

Bon usage des antibiotiques

La France reste malheureusement un des plus gros consommateurs d'antibiotiques en Europe, même si elle n'occupe plus le premier rang. En 2014, elle se plaçait au 3e rang, derrière la Grèce et la Roumanie. En santé humaine, plus de 90 % des antibiotiques sont consommés en médecine de ville et 7 % en établissements de santé. En effet, les prescriptions tant en ville qu'à l'hôpital devraient se limiter aux seules infections bactériennes, avec un intérêt pour le bénéfice individuel ainsi que le bénéfice collectif en termes d'écologie bactérienne. Force est de constater que les efforts fournis par les campagnes pour préserver les antibiotiques semblent se tarir.
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CRIOAC : Une organisation pluridisciplinaire originale avec un réseau national pour la prise en charge des infections ostéo-articulaires complexes en France

La création des Centres de Référence pour le traitement des infections ostéo-articulaires complexes (CRIOAC) a permis de reconnaitre et valider la prise en charge de ces infections difficiles à traiter par des équipes spécialisées et organisées de façon multidisciplinaire, et ainsi d'éclaircir le parcours des patients souvent long, pénible, couteux et difficile. Ces centres spécialisés préexistant à leur nomination officielle, se sont développés autour de ces infections dont le diagnostic microbiologique peut être difficile et nécessite des techniques particulières, la chirurgie spécifique, complexe dans certains cas par les gestes d'excision majeure puis de reconstruction associée à un traitement antibiotique adapté, prolongé, à forte posologie, nécessitant une surveillance rapprochée.
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Génétique et infections

Le système immunitaire est un système complexe qui a pour but de défendre l'organisme contre les agents infectieux pathogènes, mais également contre la survenue de tumeurs. Le système comporte également des mécanismes de régulation afin d'éviter la survenue de manifestations auto-immunes. L'altération de l'un ou plusieurs de ses composants peut induire une susceptibilité accrue à certaines infections. Ces altérations peuvent être induites par des traitements (immunosuppresseurs, chimiothérapie) ou être secondaires à diverses pathologies (infection par le VIH, diabète, cirrhose, hémopathies, cancer...). Des déficits immunitaires peuvent également résulter de pathologies héréditaires, génétiques. Plusieurs centaines de mutations génétiques sont actuellement connues comme étant associées à des déficits immunitaires. Nous allons évoquer les principaux types de pathologies génétiques associées à une susceptibilité accrue aux infections.
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La PrEP, prophylaxie pré-exposition du VIH.

Bien que la lutte contre l'infection par le VIH dans le monde ait abouti, depuis plusieurs années, à une diminution des nouvelles infections et de la mortalité liée au VIH, le nombre de nouveaux diagnostics d'infection par le VIH est stable en France depuis 2011. Sur les 6 000 nouvelles infections par le VIH diagnostiquées en 2016, 44 % l'étaient chez les Hommes ayant des relations Sexuelles avec des Hommes (HSH) et 39 % chez les hétérosexuels nés à l'étranger. La seule population chez qui le nombre de nouvelles infections ne diminue pas depuis 2011 est la population des HSH.
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La recherche en Infectiologie

Les maladies infectieuses sont responsables dans le monde de plus de 11 millions de décès par an. Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, elles représentent de loin la première cause de morbidité et de mortalité. La lutte contre les maladies infectieuses nécessite un effort conjoint médical, économique, social et bien sûr scientifique. C'est pourquoi la recherche en infectiologie recouvre des outils, des disciplines et des thématiques extrêmement variés. Nous allons tout d'abord aborder l'organisation de la recherche en infectiologie en France, puis nous détaillerons les principales approches et quelques-unes des grandes thématiques de la recherche infectiologie, enfin nous discuterons de la nécessité d'une vision « One Health » (« Une santé »).
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Le DES d'Infectiologie

Le métier d'nfectiologue a beaucoup évolué depuis 5 - 10 ans, avec les nouveaux enjeux que représentent par exemple l'antibiorésistance devenue une priorité de santé publique à l'échelle mondiale, l'apparition de nouveaux agents infectieux responsables de flambées épidémiques à potentiel pandémique (Ebola, MersCoV, etc.), ou encore l'impact du microbiome dans le développement de certains cancers ou maladies inflammatoires.
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L'infection à virus Zika

Le virus Zika (ZIKV) est un arbovirus dont le vecteur est un moustique. Ce virus a été découvert en 1947 dans la forêt Zika en Ouganda. Le ZIKV a ensuite été détecté de façon sporadique pendant 60 ans en Afrique sub-saharienne et en Asie, avant de diffuser à la fin des années 2000 et au début des années 2010 dans le Pacifique et en Amérique sous forme épidémique : 2015 au Brésil, 2016 dans la Caraïbe. Au cours de cette émergence, deux complications graves ont été décrites : complications neurologiques avec syndrome de Guillain-Barré en Polynésie Française en 2013 et embryofoetopathies au Brésil en 2015. Le ZIKV a arrêté de circuler aux Antilles française en 2017. En 2018 aucune épidémie d'infection à ZIKV n'a été déclarée.
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Place des médicaments génériques en infectiologie

Le terme « médicament générique » désigne la copie d'un médicament princeps dont le brevet et le certificat de protection sont tombés dans le domaine public. Lorsqu'un laboratoire pharmaceutique développe un médicament princeps, celui-ci est protégé par le biais de brevets qui le préservent de la concurrence pendant 20 ans à compter du jour de dépôt de la demande (soit en moyenne, 10 à 15 ans après la commercialisation). Une spécialité générique d'une spécialité de référence a la même composition qualitative et quantitative en principes actifs, la même forme pharmaceutique, et a démontré sa bioéquivalence.
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Présentation du dossier infectiologie

En 2018, les infections sont responsables de plus de 25 % des décès dans le Monde, représentant la seconde cause de décès après les maladies cardio vasculaires. Elles surviennent tout au long de la vie mais leur fréquence et leur gravité sont plus importantes aux âges extrêmes de la vie (le nourrisson avant l'?âge de 2 ans particulièrement avant l'âge de 6 mois, et la personne âgée) et chez les personnes immunodéprimées (immunodépression primitive ou secondaire) dont le nombre est en augmentation croissante avec les remarquables progrès réalisés dans différents domaine de la médecince, transplantation d'organe solide, hématologie, médecine interne, rhumatologie, dermatologie...
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Tuberculose multirésistante

La tuberculose est la 9e cause de décès au plan mondial et la principale cause de décès due à un agent infectieux devant le VIH. En 2016, 10,4 millions de personnes ont développé une tuberculose maladie et 1,7 million de décès lui étaient imputables. Plus de 95 % des décès dus à la tuberculose surviennent dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires. L'objectif OMS est de mettre un terme à l'épidémie tuberculeuse d'ici 2030, ce qui veut dire une réduction de 90 % du nombre de décès imputable et une réduction de 80 % de l'incidence des nouveaux cas par an. Dans ce contexte, la tuberculose multirésistante pose un problème majeur de Santé publique et est une menace pour la sécurité sanitaire. L'OMS estime à 600 000 par an le nombre de nouveaux cas présentant une résistance à la rifampicine dont 490 000 cas sont des cas de tuberculoses multirésistantes.
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Vaccination de l'adulte : recommandations, problématiques actuelles et perspectives

Les succès de la vaccination et le calendrier vaccinal français La vaccination est le moyen le plus efficace pour la prévention d'un grand nombre de maladies infectieuses. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, les vaccinations permettent d'éviter la mort, chaque année dans le Monde, de plus de 2 millions de personnes, essentiellement des enfants. Son efficacité s'explique, pour la très grande majorité des vaccins, par leur capacité à protéger la collectivité. Si la réalisation de la plupart des vaccins du calendrier vaccinal s'effectue au cours de l'enfance, la vaccination concerne également les adultes du fait de rappels ou de vaccins spécifiquement recommandés en fonction de l'âge, de la présence de comorbidités ou du statut immunitaire. La vaccination de l'adulte immunocompétent consiste principalement à réaliser les rappels du calendrier vaccinal contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche. De plus, à partir de 65 ans, deux vaccins sont recommandés : le vaccin antigrippal saisonnier à réaliser de manière annuelle et le vaccin contre le zona entre 64 et 75 ans. Le calendrier vaccinal de l'adulte a été simplifié en France en 2013. Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a proposé un nouveau calendrier vaccinal prévoyant des rappels de vaccination à âge fixe chez les adultes (25 ans, 45 ans, 65 ans puis tous les 10 ans) dont le but est de n'administrer que le nombre d'injections nécessaires à une bonne protection, d'améliorer l'acceptabilité des vaccinations et de faciliter le suivi du calendrier vaccinal. L'objectif de la révision de l'âge des rappels de l'adulte était à la fois de limiter le nombre d'administrations et de favoriser ces rappels par un calendrier plus facile à mémoriser que le calendrier précédent qui comportait des rappels décennaux (https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2018.pdf).
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Infection à Clostridium difficile : recommandations de prise en charge

Clostridium difficile, bactérie à gram positif anaerobie, sporulée est actuellement considéré comme le principal microorganisme responsable des diarrhées associées aux soins. L'intérêt porté à ce germe remonte maintenant à plusieurs années, en raison de la description en Amérique du Nord, puis en Europe, d'épidémies associées à une augmentation des formes sévères, de la mortalité et d'une moins bonne réponse au traitement par le métronidazole.
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Infection par le VIH : le devenir du patient sous antirétroviraux

Grâce aux associations d'antirétroviraux (ARV), les personnes porteuses du VIH vivent mieux et plus longtemps. On estime à 150 000 le nombre de personnes vivant avec le VIH en France, dont 20 000 à 30 000 ignorant leur statut sérologique. Parmi celles diagnostiquées et suivies, 90 % reçoivent des ARV et 88 % de celles sous traitement depuis au moins 6 mois sont en succès virologique (charge virale plasmatique <50 copies d'ARN VIH/ml) et 59 % ont un taux de lymphocytes T CD4 à l'objectif (500/mm3) 1,2. L'espérance de vie des personnes traitées se rapproche de celle de la ppulation générale 3, avec pour conséquence leur vieillissement : 41 % avaient plus de 50 ans en 2011 contre 27,6 % en 2008 selon la base de données hospitalières française. Les causes de mortalité ont aussi évolué (Tableau 1). Si, en 2010, les évènements « sida » (surtout lymphomes non hogkiniens et pneumocystose) étaient toujours la première cause de décès, les décès de causes « non sida » ont progressé : les cancers non sida représentaient 22 % des causes de décès, les maladies hépatiques 11 % et les maladies cardiovasculaires 10 %. Ces comorbidités deviennent une préoccupation importante puisque les patients vivant avec le VIH ont plus de pathologies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux), osseuses (ostéoporose), métaboliques (diabète, dyslipidémie) et rénales que la population générale. Ces pathologies ont tendance à s'associer entre elles chez une même personne et rendent compte d'une proportion croissante des décès. L'explication de ce phénomène est multifactorielle, faisant intervenir les facteurs de risque traditionnels, la toxicité à long terme des ARV et l'activation immune persistante malgré un traitement virologiquement efficace.
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